Les seules limites de nos réalisations de demain,
ce sont nos doutes et nos hésitations d'aujourd'hui.
***
Roosevelt

Auteur-es

 

Se présente

Frédéric Vallotton est né le 20 juillet 1970 à la clinique des Charmettes, à Lausanne. Il a une sœur de six ans son aînée. Très rapidement, la situation sociale de ses parents se dégrada, forçant la famille à déménager dans une HLM des quartiers populaires de Morges. Frédéric Vallotton connut une enfance plutôt sombre et sans grandes perspectives. Il finit tout de même, après une scolarité médiocre, à entrer au gymnase (lycée). Il apprit l’italien ce qui lui ouvrit alors un nouvel horizon culturel.

Ses études au lycée ne furent pas très brillantes. A sa condition sociale défavorisée, s’ajouta encore la problématique de la différence d’orientation sexuelle que Frédéric assuma avec le plus de naturel possible. Après l'obtention de son baccalauréat, il commença une formation universitaire en droit. Cependant Frédéric dut abandonner le Droit ; l’intensité des cours ne lui permettait pas de « gagner sa vie ». Il bifurqua vers les Lettres, suspendit ses études durant deux ans pour travailler, puis les reprit au grand dam de l’administration pointilleuse de l’Alma Mater.

Un autre élément, et pas des moindres, marque la biographie de Frédéric : son engagement religieux. Après deux ans de catéchuménat, il reçut le baptême catholique à Pâques 1997, à l’église Saint-François de Sales, à Morges (Suisse). Il reçut la Confirmation des mains du Père Abbé de Saint-Maurice, en la chapelle des Martyrs de l’abbaye, le 20 juillet 2003. Aujourd’hui, Frédéric Vallotton est très attaché à la vie en paroisse. L' auteur fit encore une rencontre marquante il y a plus de dix ans de cela : Berlin. L’atmosphère dynamique de la capitale allemande, son cosmopolitisme tranquille, sa tolérance sont propices à son activité d’auteur. Il y passe plus d’un mois par an.


A la suite de sa formation universitaire, Frédéric Vallotton suivit une formation professionnelle d’enseignant, métier qu’il exerce aujourd’hui en sus de son travail d’auteur et de journaliste indépendant. Frédéric VAllotton habite à Morges et s’est engagé en politique; il siège depuis le début de l’année 2015 au législatif de cette ville parmi les rangs du parti centriste morgien. A côté de son activité littéraire, il enseigne la culture générale à Vevey.

 

Bibliographie

ROMANS
Appel d’air, Éditions de l’Hèbe, 1995
My life is a soap opera, Éditions Castagniééé, 2005
Les Âmes galantes, Éditions Baudelaire, 2010
Mémoires d’un Révolutionnaire, Éditions Olivier Morattel, 2011
Canicule parano, Hélice Hélas, 2014
Journal de la haine et autre douleur, Olivier morattel, 2015 »

ESSAI (autofictif)
La Dignité, Éditions Castagniééé, 2009
Tous les États de la mélancolie bourgeoise, Éditions Hélice Hélas, 2013

ARTICLES
L’Autofiction est-elle un genre typiquement gay ? in « Archipel », Université de Lausanne, 2003
Le Tiers participant in « Le Persil », journal littéraire, sept. 2009
Génération spontanée, ouvrage collectif autour du roman de L’Enquête immobile de Pierre-Yves Lador, Éditions de l’Âge d’Homme, 2011



 Journal de la haine et autre douleur

Frédéric Vallotton, Editions Olivier Morattel, 2015

« Journal de la haine et autre douleur », titre du diptyque mais avant tout premier volet du texte ou le récit d’un gâchis amoureux, une tornade intérieure qui entraîne le narrateur et ce qui l’entoure dans le tourbillon du ressentiment. Il y a de l’amour déçu, un aveu, un secret de rien et beaucoup d’occasions manquées. On avance dans le récit en « je » d’une brève relation : rencontre à Berlin, visite à Vienne, projets, mise-au-point, rejet … Le narrateur végète dans sa vie, rien ne trouve grâce à ses yeux ; sa peine amoureuse lui fait tenir un réquisitoire sans appel. Sa haine seule lui donne contenance. Il finira par l’épuiser, en tirer un enseignement. Cela est-il seulement possible ? Il n’y a rien à apprendre d’un nuage de sauterelles qui s’abat sur un champ et détruit tout sur son passage.

« Musique dans la Karl Johan Strasse », second volet du texte, tire son nom d’une œuvre éponyme d’Edward Munch ; cette scène urbaine est du reste le point de départ du récit. On se trouve auprès du narrateur, dans une exposition, à la Kunsthaus de Zürich. L’homme est fatigué, sanglé dans un pantalon trop étroit, mal à l’aise et il s’interroge sur la signification de la toile, sur le comportement des visiteurs face à ce tableau. Quel est donc le sens de la peinture, de la musique, de la littérature dans la vie de notre narrateur alors qu’il est lui-même auteur ? Il tente de « réparer », raccommoder le roman de sa propre existence à quarante-cinq ans, en faire ce qu’elle aurait dû être, selon lui, à vingt ans. Que lui reste-t-il après avoir épuisé son quota de passion, de haine, d’enthousiasme, de francophilie, de séduction, d’insolence, de candeur ? Il lui reste une relation, un foyer, l’émotion, une culture littéraire acquise sur le tard, de la distance et l’envie, en dépit de l’usure, de témoigner encore de son temps, faire des liens et traquer cet esprit très Mitteleuropa qui, à son avis, nous sauvera du naufrage. « Musique dans la Karl Johan Strasse » raconte plus avant l’auteur-narrateur en « je » après le raz-de-marée de fiel et d’amertume du « Journal de la haine et autre douleur ».

 

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