Compagnie au Cœur Tendre, Neuchâtel, Vaud...

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Née en 1967 à Bienne (Suisse), Claudia Nussbaum, alias Charlee Grandjean, choisit les arts plastiques et visuels comme première forme d’expression artistique. Elle est diplômée de l’Ecole Supérieure des Arts appliqués de Vevey et développe sa recherche artistique autour de la création d’objets et de la narration, ou comment de banals objets du quotidien nous rappellent à notre mémoire individuelle et collective. Elle crée des installations exposées dans des galeries lausannoises et parisiennes.

 

 

Lors de sa formation en art et thérapie, elle s’intéresse particulièrement au processus de création et comment l’art agit sur la psyché. Elle crée et coanime un réseau Mail Art (échanges de correspondances créatives qui mettent en relation des centaines de personnes d’horizons différents). Elle tisse un lien nouveau avec les contes, l’écriture et la scène. Ce qui l’intéresse ici est la dimension symbolique et métaphorique des récits de la tradition orale et la structuration de ceux-ci faisant appel aux images et au goût des mots pour être mémorisés et racontés ensuite en public. Elle complète sa formation à l’animation de groupe par un brevet fédéral de formatrice d’adultes.

 

 

Elle poursuit sa recherche artistique de la mémoire, des récits et des objets. Elle voyage pendant 5 ans entre Alès et Paris pour se former au Centre Méditerranéen de Littérature Orale, sous la direction de Marc Aubaret, ethnologue, et au Conservatoire de Littérature Orale, sous la direction de Bruno de la Salle, comédien et conteur. Elle récolte des récits. Elle écrit ses propres spectacles de contes. Elle raconte en public.

 

 

De retour en Suisse, elle participe à de nombreux ateliers d’écriture. Elle crée une association pour la formation des adultes aux arts du récit et l’art de conter en public et réalise ses premières mises en scène. Parallèlement, elle est mandatée par différentes associations afin de développer des projets de prévention et de lutte contre l’illettrisme et d’intégration des femmes migrantes par la lecture partagée en public et les contes. Elle mène également un projet littérature et arts plastiques intégrant des adolescents en rupture familiale et scolaire dans le but de retisser leur lien à l’écriture, à la lecture et à la prise de parole par la création de livres-objets, de « livres pauvres » et de lectures d’albums en public.

 

 

Dès lors, elle mesure à quel point la parole, l’écriture et les images font partie de notre quotidien et sont essentielles dans la relation à soi et aux autres mais peuvent aussi être une source d’exclusion et de frustration si l’on n’y a pas accès. Amoureuse de la littérature et de la poésie contemporaines, tout particulièrement des œuvres de Louise Warren, d’Emily Dickinson, qui regarde le monde de sa fenêtre, et de l’écho des mots d’Yôko Ogawa, elle s’interroge sur comment rendre accessible la création littéraire à tout un chacun, car bien que nous ayons appris à écrire, nous ne sommes pas égaux dans la relation à l’acte d’écrire. C’est ce thème qui a fait l’objet de son mémoire pour son diplôme universitaire en animation d’ateliers d’écriture à la Faculté des Lettres de l’Université de Montpellier  sous la direction de Marie Joqueviel-Bourgea, docteur es lettres et agrégée de Lettres modernes.

 

 

Afin de nourrir sa recherche artistique objets-récits-mémoire, elle rejoint les compagnies Arketal, Funambule et Théâtre de Cuisine dans le Sud de la France et Galia Levy-Grad en Israël pour découvrir les arts de la marionnette contemporaine. Elle explore les techniques d’écriture scénique et de création du théâtre d’objets, de papier et des ombres portées ainsi que des marionnettes de table, à fil et taille humaine, notamment. Cette expérience a débouché sur l’écriture de son premier spectacle de marionnettes et théâtre d’objets « Poussinet » ainsi qu’à la création, en 2019, de la Compagnie au Cœur Tendre pour faire se rencontrer les arts du récit, les arts plastiques et les arts de la scène. En hommage à son arrière-grand-mère, artiste de scène, elle adopte le pseudonyme de Charlee Grandjean. L’écriture est pour elle un lieu de passage de la table au plateau et du papier à la scène, des allers-retours entre la scénographie, les figures, le jeu et le texte qui mènent à la forme finale d’un spectacle. Elle s’inspire de la banalité du quotidien, des relations humaines, de nos petits travers et nos gros défauts qu’elle donne à voir en un univers poétique et décalé avec des objets manipulés.

 

 

C’est dans le cadre de sa compagnie qu’elle propose aujourd’hui des ateliers d’écriture et lecture à voix haute à visée littéraire ou développement personnel. Dans un esprit nomade, elle propose ses ateliers ici et ailleurs. Elle donne voix aux autrices sans omettre toutefois les auteurs. Elle souhaite insuffler quelques touches de poésie dans ce monde de brutes et par ce biais, inviter Madame et Monsieur Tout le Monde à observer les choses de la vie par l’autre bout de la lorgnette. Elle invite les gens de l’atelier à se balader entre écriture et oralité, sur le fil de l’imaginaire et de la réalité, avec l’appui de l’art et de la littérature. Si l’on en croit Monsieur Perec : « L’écriture n’est pas un don, c’est quelque chose qu’il faut aller chercher » et quoi de mieux qu’écrire en atelier collectif pour trouver l’impulsion à entreprendre cet infini voyage, explorer ce territoire sans frontière, donner à entendre ses mots, faire bouger quelque chose en soi, aiguiser sa curiosité, transformer son regard …

 

 

Je crois que plusieurs semaines je l’emportai partout avec moi,
le lourd microscope tenu à l’envers, pour revoir
autrement ce qui m’entourait – et n’en pas revenir.

François Bon, Autobiographie des objets, 2012, Paris, Seuil.

 

 

En savoir plus...

 

Charlee Grandjean
Marionnettiste – artiste plasticienne – conteuse
Animatrice d’ateliers d’écriture
Formatrice avec brevet fédéral
Direction artistique et pédagogique

 

Programme des ateliers et contact

 

www.compagnieaucoeurtendre.com

info@cieaucoeurtendre.com