François Berger

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Très tôt François Berger a fait sienne cette sentence de Giraudoux :
« Le droit est la plus puissante des écoles de l’imagination. Jamais poète n’a interprété la nature aussi librement qu’un juriste la réalité. »
Après des études de droit (Neuchâtel) et d’histoire de l’art (Vienne), il pratique le barreau, à Neuchâtel, durant près de quarante ans, comme avocat-artisan, aime-t-il dire, soucieux d’un travail sur mesure. Sa longue fréquentation des prétoires ne l’empêchera point de publier cinq livres de poésie, un récit et six romans.

 

Berger vient de la poésie, à commencer par Mémoire d’anges (La Baconnière, 1981, Prix Louise Labé), suivi de Gestes du Veilleur (L’Age d’Homme, 1984, Distinction de la Fondation Schiller Suisse), et de Le Pré (L’Age d’Homme, 1986). Inspiré par les toiles d’indiennes fabriquées jadis près des rives du lac de Neuchâtel, il nous livrera son propre ouvrage : Les Indiennes, tentative de restitution d’un tableau romantique (Eliane Vernay, 1988).

 


Ces quatre livres de poésie lui vaudront, en 1988, le Prix Auguste Bachelin. Le Repos d’Ariane (Eliane Vernay, 1990) semble clore cette période poétique, mais peut-être pas définitivement. Berger reste un grand amoureux de poésie, très éclectique dans ses choix (Saint-John Perse, Valéry, Bonnefoy, Pessoa, Ritsos, Cavafy, Eliot, Tsvetaïeva, Seifert, Paz, Char, Brodsky, d’autres encore).
« Tout poème recèle en son fond un récit » lui écrivit le poète et professeur au Collège de France, Yves Bonnefoy, rencontré à plusieurs reprises et avec lequel il correspondait.


Le jour avant (L'Age d'Homme 1995) inaugurera la prose narrative de François Berger à laquelle il n’aura de cesse d’intégrer son ars poetica.

 


En 1999 paraît un mystérieux roman : Le Voyage de l’Ange (L’Age d’Homme, Prix du roman poétique de la Société de poètes et d’écrivains d’expression française). S’y mêlent le fantastique et l’authentique au cœur de cette Suisse qu’il aime mais qui ne le détournera pas de sa quête d’autres lieux dans cette Europe du Sud qu’il affectionne tant, ses îles aussi (Malte, la Crète, Rhodes) sans oublier le Maroc, cher à son cœur. Et ce sera L’Anneau de Sable (L’Age d’Homme, 2001), portrait délicat mais sans concessions d’une jeune immigrée tangeroise, venue en Suisse, livrée à elle-même, amoureuse sombrant dans la folie. En 2006 paraît Mariage de Plaisir (L’Age d’Homme), dont le titre est aussi celui d’une institution musulmane : le mariage à durée limitée. Dans ce roman, Berger choisira délibérément de supprimer toutes les majuscules, sauf celle du nom d’une montagne célèbre, lieu du dénouement tragique ainsi souligné par un choix typographique.

 


Entre ces deux livres appartenant à sa période marocaine, il nous conte, dans Revenir (L’Age d’Homme, 2008), les péripéties d’un couple où se révèle, malgré la blessure infligée, une rédemption. Hommage aussi, par ce roman, à la Beauté, à Piero della Francesca, l’artiste indépassable, pour reprendre ces mots confiés un jour à Berger par le grand peintre Balthus.

 


La mémoire et l’oubli, thèmes chers à l’auteur, prennent une place importante dans Les Pavillons de Salomon (l’Age d’Homme, 2013), au sein de la Genève internationale, avec ses ambitieux prêts à tout pour arriver.


Mais quelle part dévolue à la fiction ? Quelle part concédée à la réalité de ce monde dans lequel nous sommes tous jetés ? Pour Berger, la réalité seule est pure. Elle féconde l’imaginaire de l’artiste mais l’œuvre de celui-ci est toujours, quelque part, impure. Il voit le poète comme un archéologue, se livrant à un patient travail de fouille, alors que le romancier s’apparente davantage à un géomètre, un architecte, il mesure, il édifie une construction qui doit être solide à proportion des libertés folles que peut prendre son créateur.

 


Actuellement il prépare un gros roman où le protagoniste, un professeur d’histoire de l’art, est amené, par la découverte d’un apocryphe des premiers siècles, à remettre en cause certains dogmes fondamentaux de l’Eglise chrétienne. L’action, soutenue, se déroule dans cet Occident en proie au doute et qui semble perdre le sens de l’harmonie, non seulement en art …

Si toute harmonie devait disparaitre, par quoi la remplacer pour que l’équilibre fragile du monde ne s’écroule pas ? interpelle un des personnages.

 


Depuis 2018 François Berger se consacre essentiellement à l’écriture et à l’édition, participant également, comme critique littéraire et essayiste, à des journaux et revues.
Il a été traduit en italien, roumain, macédonien, grec et arabe.

 

 

Plus d'informations sur l'auteur et son oeuvre
 

L'écrivain: www.francois-berger.ch - Ecrivain

 

Ses publications: http://www.francois-berger.ch - Pubications

 

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