Le vertige du monde, Jean-Daniel Robert

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Éditions des Sables, 2023

 

Notre société  actuelle tremble sur tous ses piliers; sur beaucoup de plans formels et informels, sociologiques, politiques, religieux, économiques, dérèglements climatiques…ne règnent qu’instabilité, doute, peur, désespérance qui amènent l’homme dans un univers d’anxiété profonde, de remise en question, de déconstruction des valeurs acquises pour finalement se retrouver dans un état de déséquilibre intérieur profond.

 

Un germe d’espérance

 

Le poète Jean-Daniel Robert, né à Genève, assistant pastoral , formateur auprès de jeunes et d’adultes a développé dans le cadre de la Pastorale familiale une immense soif de sens qui le fait en permanence se questionner sur le monde, l’homme, son essence, ses doutes existentiels, son chemin, son devenir.

 

 

Dans son recueil de poèmes  Le vertige du monde  l’auteur dresse un peu un état des lieux d’inquiétude en cherchant en même temps des « germes d’espérance». Lorsque l’on a touché le fond il faut cette impulsion native pour pouvoir revoir le jour, se sortir de pièges qui nous enferment et nous retiennent prisonniers.

 


Comme le dit l’auteur  le vide est fascinant, parfois dangereux, mais en même temps c’est lui qui permet s’ouvrir une brèche, une place pour que s’y développent des raisons de vivre. J’aime à dire que la croyance chrétienne se base sur un tombeau vide, signe des plus humbles s’il en est.

 

-« Parlez, les chansons!
Hurlez, les poèmes !
Sous les pavés
Sur les pavés
Inventez une ville
où les matraques
Se transforment en flûtes. »

 

Jean-Daniel Robert dresse un constat pessimiste de la situation actuelle, mais avec toujours dans l’obscurité cette lueur, cette étincelle qui ouvre les portes de l’espérance comme la Graine de vie dont parlait Georges Haldas dans ses textes et ses ouvrages toujours empreints d’une grande force intérieure.

 


« Résurrection dans la guarrigue
résurrection des sources
chant des vignes
et création des pierres…
Un volet qui s’ouvre
et la fraîcheur au fond du gobelet
au passage du gosier… »

 


Toujours cet espoir au fond du corps, au fond de l’âme, et la Résurrection de Pâques lorsque tout renaît et respire…

 


«Le vide est si vide
que peuvent s’ouvrir l’herbe et le feu
Dieu et ta porte
Les mains tendues et l’orchidée éployée
Désir et prière
frère et sœur
dans l’impossible absolu »

 


Des textes réalistes et sensibles qui vont à l’essentiel.

 

Recension Jean-Marc Theytaz  -  Journaliste-poète