La fille aux abeilles, Monique Rebetez

|||

Edition Favre, 2023

 

Léo revient dans la maison de son enfance menacée de démolition par un projet immobilier. Dans le livre de recettes de sa mère, il découvre un article de journal, un nom et une photo qui l’intrigue et qui sera à l’origine d’une enquête sur son histoire.

 

 

Extrait p. 27

 

[…] « Ce vieux bout de papier qui m’a amené jusqu’ici. Un texte que je connais par cœur, un carré de papier que j’ai déplié cent fois, scruté à la loupe, et sur lequel j’ai fait toutes les hypothèses. Les plus fantaisistes, chimériques, absurdes. Je me sentais comme un policier tenant dans ses mains une chose banale, mais dont il savait intuitivement que cette chose avait un sens. Une sorte de pièce à conviction nécessaire à la recherche d’une vérité… »

 

Madame Bic, une voisine de ses parents, lui fournit un premier indice. L’homme de la photo Giovanni Matassa, avait été un collègue de son père pendant des années, puis avait regagné la Sicile dont il était natif. Deuxième indice, sa mère lui avait demandé des modèles en tricot de
brassières. Or, Léo est fils unique.

 

Ses investigations vont l’amener à Palerme où il apprend que Giovanni Matassa, y a vécu avec une petite fille. Selon Fabrizio qui l’a bien connu, il habite à Cefalú.

 

Dans cet ouvrage, Monique Rebetez nous fait voyager entre le passé et le vécu quotidien de Léo avec ses questions brûlantes sur son histoire. Léo est à la recherche d’une vérité qui se dévoile peu à peu. Entre la Sicile avec ses odeurs, ses couleurs, son animation et le Thalberg où il a vécu avec ses parents et qui recèlent bien des souvenirs. Léo passe par des phases excitantes et prometteuses. Qui est cette fillette qui vivait avec Matassa ? Déprimantes quelques fois loin de ses amis et de son fils dans une quête incertaine.

 

 

Extrait page 68

 

Il [son fils] m’a répondu que ça n’existait pas, des méduses à voiles. Et une île avec un diable non plus. Pas plus que des poissons-lunes !

 

Je ne suis pas arrivé à le faire rire. J’ai senti qu’il m’en voulait un peu de ne pas être là. Il m’a dit : « Bon ben bonne nuit, alors ! » et il a raccroché. Ça m’a foutu un coup de déprime. Qu’est-ce que je faisais là, loin de ceux que j’aime ? Où les vents m’avaient-ils poussé ? J’ai envoyé à Max la photo que j’avais faite sur la plage avec, pour légende : « La jolie méduse bleue s’appelle Velella et elle est vraiment mangée par les poissons-lunes ».

 

J’ai appelé Laurent, mais il n’a pas répondu. Vi avait essayé de me joindre.

 

L’écriture fluide, la quête intéressante et les réponses surprenantes. Au bout du compte, on se demande qui est la fille aux abeilles. Soyez sûrs qu’elle se trouve quelque part dans les pages du livre.

 

Recension Anne-Catherine Biner