Les Loups du Lémanus, Carine Racine

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Editions Cabédita, 2023

 

En l’an 569, les Longobards ont décimé et incendié le village de la jeune Valia, en Vallensis. Rescapée et recueillie par le moine Salvius, elle se cache désormais sous les traits d’un jeune soldat, Valius. (Voir  « La Colère du Lémanus »).

 

Valius qui, malgré la menace d’une nouvelle attaque, se prépare pour participer aux jeux d’adresse lors de la Fête du feu à Octodure. Il se rapproche ainsi du maréchal Berthold et retrouve sa sœur Marka, à qui il dévoile sa véritable identité. De son côté, le messager Géric, chargé d’arrêter les Longobards, est partagé entre son amour pour celui qu’il sait être Valia et son désir de  vengeance. En effet, il n’a de cesse de parcourir les routes pour retrouver
Félix, le traitre qui a enlevé sa fille et tenté de le tuer. Accompagné de son loup apprivoisé, Bari, parviendra-t-il à ses fins ? Quels pièges devra-t-il déjouer ? Et Valia, l’attendra-t-elle ?

 

 

Dans son dernier roman historique, Les Loups du Lémanus, Carine Racine nous emmène une nouvelle fois loin derrière nos vies bien rangées, sur des chemins peu sûrs, où loups et traitres se confondent, et où l’on n’hésite pas à sortir son épée pour sauver sa peau. Elle nous entraine à sa suite dans des événements inquiétants, sur fond de menaces militaires, et qui se déroulent en Suisse, en Italie et en France, de l’an 569 à l’an 572.

 

Nous y retrouvons les personnages principaux, attachants et déterminés, du premier récit, La Colère du Lémanus, ainsi que plusieurs acteurs clés, certains dévoilant leur vrai visage, d’autres progressant dans leur quête de justice ou de revanche. Dans un style parfois raffiné, parfois plus direct, selon les protagonistes, l’histoire est toujours aussi passionnante du début à la fin, l’aventure toujours aussi palpitante. S’y mêlent danger, haine, brutalité, le
tout entrecoupé d’épisodes paisibles, de moments de tendresse et d’amitié. Quant au dénouement apparemment tout en douceur, il laisse un goût amer dans le cœur de nos héros. Ce qui augure d’une suite tout aussi captivante !

 

Recension Marylène Rittiner

 

 

Extraits p. 32


Personne n’avait imaginé qu’ils (les Longobards) puissent avancer aussi loin dans le pays. Ils ont pillé plusieurs villages avant d’être arrêtés aux portes d’Éviona. Les forces déployées par le compte Friedolphe les ont dissuadés de résister. Les guerriers ennemis ont préféré protéger le retrait de leurs troupes. Ils sont retournés chez eux, chargés de butin, suivis d’une colonne d’esclaves. Un choc terrible pour ceux qui y ont échappé, dont notre jeune Thierric fait partie.
Je sors de ma rêverie, conscient que nous n’avons pas évoqué l’essentiel.
- Avez-vous des nouvelles de Valius ?
- Notre cavalier blanc se porte de mieux en mieux. Il est revenu parmi nous, fier et droit sur son bel étalon. Cavalier blanc ?
Thierric, encore peu mature, rigole.
- Un surnom, à cause de la couleur de son cheval…
- C’est aussi parce qu’il a encore l’air d’un gamin, mais qu’en fait c’est un guerrier
redoutable.


Herbert prononce ces mots avec respect. Je soupire, soulagé.
- Mon frère m’a dit qu’il a été soigné par un bon médecin, celui du compte Friedolphe, je crois.
- Oui, que Berthold a adopté aussi. Il s’est bien occupé de notre petit gars et depuis, ils ont l’air de bien s’entendre.

 


Sourcils froncés, je laisse des images revenir à ma mémoire. Valius et le maréchal en conversation amicale. Une lueur brillante passait dans leur regard. Sachant ce que je sais, je me demande si Berthold en sait autant que moi, maintenant. À cette idée, mon cœur se serre. Réaction émotive et possessive que je n’admets pas. « Chacun est libre de mener sa vie comme il veut. » Idéalement… Mes sentiments m’appartiennent. Le choix de Valius appartient à Valius. Mais je n’oublierai jamais sa confidence, sous la tente, au camp d’Agaune. Celle d’une femme amoureuse. »