Je fais reculer la mort à  force de vivre, de souffrir, de me tromper, de risquer, de donner et de perdre.
***
Anaïs Nin

Auteur-es

Tsehay, Annelyse Favre-Pellaud

Annelyse Favre-Pellaud, infirmière, désirait « participer à une mission humanitaire et découvrir de nouveaux horizons et une nouvelle culture… » L’Ethiopie, « pays des visages brûlés », pays de contrastes, partagée entre la richesse d’une faune et d’une flore variées, d’une majestueuse et apaisante nature, et la pauvreté d’une population aux prises avec la malnutrition, les maladies et l’illettrisme.

Son livre, « Tsehay », est une vraie mine de renseignements sur un territoire surprenant de notre planète. Tant de choses à apprendre, tant de lieux à découvrir, tant de coutumes à comprendre…

L’auteure nous raconte avec force détails les maisons, les rues, les hôpitaux, mais aussi les saveurs, les bruits, les odeurs, les paysages, et enfin, le climat, l’ambiance, les gens, ces hommes et ces femmes qui nous ressemblent si peu et sont si proches, pourtant… Si nous pouvions lire les yeux fermés, nous y serions. Mais ce n’est pas tout. Dans son récit, Annelyse Favre-Pellaud y ajoute une belle part de respect, d’admiration et d’émotion. Le voyageur ou l’aventurier qui se laisse prendre par la main sera, à coup sûr, enchanté.

Lire la suite : Tsehay, dans les pas d’une infirmière sur les routes d’Ethiopie, Annelyse Favre

Chapitre 1 - Extrait de Mort sur les docks

Le terrier écossais jappa et se dirigea en trottinant joyeusement vers la petite fontaine près du snack. La tenancière, une acariâtre sexagénaire aux cheveux en bataille et aux habits tachés de café, venait de fermer sa bicoque. Alberto l'avait croisée à l'instant au passage à niveau. Comme tous les soirs, elle rentrait dans son appartement. Lui, allait faire pisser son chien. Les chauves-souris baguenaudaient au-dessus des eaux, traquant le moustique sous le regard de marbre de Calypso. La statue de la déesse surveillait la petite place que seul le murmure de l'eau animait. A cette heure tardive, aucun mouvement ni aucun bruit ne dérangeait le silence du port au repos. Les grincements des lourdes grues sur leurs rails avaient cessé, la rumeur sourde des diesels s'était tue et les gros containers ne résonnaient plus de leurs transbordements bruyants.

Le terrier posa ses pattes antérieures sur le mur de pierre et lapa l'eau un instant. Puis il démarra en trombe en direction du fleuve, à deux cents mètres de là. Un lampadaire faiblard le suivit un instant, puis renonça. Jimmy disparut dans la nuit.

Alberto appela son chien. « Saloperie de clébard, il n'en fait qu'à sa tête ! ». Il siffla, sans succès, se dirigeant à son tour vers la berge. Il s'immobilisa soudain. Il lui semblait avoir entendu un cri. Il accéléra le pas, passa sous le halo anémique de l'ampoule et fut happé par le noir. Il sortit une cigarette d'un paquet fripé et l'alluma, inspirant à pleins poumons la première bouffée. « Jimmy ! » appela-t-il à nouveau. Il tendit l'oreille et perçut alors la course des petites pattes sur le bitume. Le chien arriva si vite qu'il faillit se fracasser contre ses jambes. La petite bête tremblait de tous ses membres, comme si elle avait vu le diable. « Eh ben, andouille, t'as vu le monstre du Lochness ? – lâcha Alberto en se penchant, plantant presque sa clope dans la truffe du terrier. Il le caressa pour le rassurer, mais se redressa aussitôt vivement. Il venait à nouveau d'entendre quelque chose. Cette fois, c'était bien un cri, il en était sûr. Il provenait d'une cinquantaine de mètres de là, d'un endroit qu'Alberto situa aux abords de la grande grue. Tout était plongé dans l'obscurité. Il se rapprocha du parking au bord du quai, dont la rambarde dominait le bassin principal intérieur, là où sont chargées et déchargées les matières premières. Une seule voiture stationnait là à cette heure tardive. Une vieille Kadett, verte et rouillée, appartenant à un employé du port.

Alberto tenta de scruter la zone d'où était provenu le bruit. Mais aucune lumière ne trahissait quoi que ce soit. Il écouta attentivement, mais rien, excepté le clapotis des eaux sales contre les parois du bassin, ne parvint à ses oreilles. Il allait abandonner, se disant qu'il avait rêvé. Il regarda Jimmy. « Tu n'as rien fumé pourtant, toi… ». Il s'éloigna en pestant. « On rentre ! » intima-t-il au chien. Mais un nouveau cri déchira le silence. Comme une longue plainte, qui dura deux ou trois secondes, decrescendo, pour expirer dans un râle. Tous deux stoppèrent en même temps, pétrifiés. Alberto en avala presque son mégot.

– Putain de bordel de merde ! C'était quoi, ça ? fit-il à Jimmy, qui déjà s'était réfugié dans les jambes de son maître. Il se baissa et prit le museau de Jimmy dans ses mains.
– Qu'est-ce que tu as vu là-bas, hein ? Qu'est-ce qui t'a fait peur ? On dirait… on dirait que quelqu'un a un problème, non ?

Alberto rassembla ses esprits. Penser d'avoir affaire à un truc louche n'était pas fait pour le rassurer. Il réfléchit rapidement. Pour une fois, ses facultés intellectuelles, d'ordinaire enfumées par les joints, se mirent en débit haute vitesse. Il devait réagir, et il fallait faire vite. Il n'avait que deux possibilités : soit il prenait le large, soit il allait y voir de plus près. Il eut envie de déguerpir, mais se ravisa. Si réellement quelqu'un avait besoin d'aide, il y aurait non-assistance à personne en danger. En outre, il n'avait pas de téléphone portable et nulle autre âme que lui n’était dans les parages… Pas vraiment le choix !

En jurant, il se dirigea vers l'endroit d'où les bruits avaient semblé provenir. Il s'engagea sur le long quai du bassin, qui plongeait dans le fleuve cinq cents mètres plus loin. Là-bas, à son extrémité, s'élevait la haute silhouette fuselée du monument célébrant les trois frontières. Alberto longea le Innuendo, une péniche amarrée depuis plusieurs jours – il avait déjà repéré l'avant-veille la grosse voiture jaune perchée à son sommet. Il prit dans ses bras Jimmy qui tremblait comme une feuille et gémissait. « Ta gueule, bon sang ! » fit-il à voix basse, marchant le long du bateau. La carcasse noire bringuebalait doucement dans le remous sombre et huileux de l'eau. La ligne de flottaison indiquait que le bateau était déchargé. Sans doute repartirait-il demain ou après-demain, les cales pleines et le pont chargé. Alberto continua et s'approcha de la grue. Il regarda en l'air. L'énorme mâchoire était au repos et les rails libres encadrèrent un instant la lune montante.

Une autre plainte, si étouffée qu'il n'aurait pas pu l'entendre auparavant, parut ramper jusqu'à lui, sourdant d'entre les parois des containers entassés sur sa gauche. Il regarda dans cette direction. Sur un vaste emplacement triangulaire, délimité par le bassin, le fleuve et la route, des centaines de ces grosses boîtes métalliques, de toutes couleurs, aux inscriptions variées, aux alphabets inconnus, aux chiffres énigmatiques, le regardaient d'un air goguenard, comme si elles le défiaient. Il sentit confusément qu'il allait renoncer et s'enfuir. Avertir la police ? Peut-être était-ce plus raisonnable…



«Mort sur les docks», Alain Freléchoux, (éditions Cabédita, 2016).

Présentation

L’amour entre deux êtres est-il possible lorsque tout les oppose ? Comment s’aimer envers et contre tous ? Manuela Gay-Crosier nous emmène à travers l’histoire passionnelle d’une jeune servante et d’un jeune noble et qui se situe au 15ème siècle. Enfants, ils se lient d’amitié, se perdent, se retrouvent à l’âge où tous les sentiments éclosent à la vie.

Lorsque le décor est planté, l’auteure nous entraîne lentement dans l’existence d’Hélène, prenant plaisir à nous conter la vie simple de cette jeune fille fougueuse, hardie, mais droite et raisonnable. Il n’y a finalement que son amour inconditionnel pour Pierre qui lui compliquera la vie, lui fera perdre pied et la retranchera dans des décisions insensées. Le cœur du récit se situe au moment où les deux personnages principaux se retrouvent, après dix ans de séparation. Là, la trame se resserre et nous emporte dans ses tourbillons d’incertitudes face au destin de Pierre et d’Hélène. Tout se mélange : joie, émoi, passion, peur, jalousie, douleur, trahison, solitude, puis, rejet, abandon et détresse extrême.

Même si le thème n’est pas nouveau, on dévore ce roman pour plusieurs raisons : l’intrigue, le suspens, l’écriture pleine d’émotions, les dialogues captivants, et le tout, dans un contexte historique. Alors, pourquoi s’en priver ?
Présentation et extrait: Marylène Rittiner

 

Extrait pages 153- 154 chap. 17 (Les retrouvailles)

 
- Moi, je n'ai rien oublié, sais-tu? Tous ces moments passés en ta compagnie ont adouci mes années d'exil. Vraiment, je suis sincère. Ton visage est dubitatif. Il me suffisait de repenser à toi pour me redonner du courage lorsque la vie me semblait dure à supporter. Ne me dis pas que tu as tout oublié, Hélène, voyons ! Allons Hélène ! Où est la petite fille insolente et effrontée que j'ai connue, qui m'envoyait au diable dès que cela lui chantait? Pourquoi es-tu fâchée? Tu sembles en colère. Reste un moment, j'aimerais qu'on parle. Il s'était levé pour s'approcher d'elle.

- Votre Seigneurie m'excusera mais on m'attend en bas, au quartier des domestiques, le labeur ne manque pas et je n'ai que trop tardé...

Elle était troublée, bouleversée par ses paroles. Si colère il y avait, c'était contre elle-même, de se sentir si vulnérable en sa présence. Elle essaya de se dégager de la poigne ferme qui tentait de la retenir et le mouvement découvrit le médaillon qui pendait à son cou. Pierre le prit délicatement entre ses mains, tout en plongeant son regard dans le sien:

- Tu dis ne te souvenir de rien, c'est ça?

Lire la suite : La Pierre d'Hélène, Manuela Gay-Crosier

 Synopsis

Une famille, c’est toujours une aventure, quels que soient sa taille, son lieu de vie, ses croyances, ses activités, ses amis…Mais lorsqu’il y naît plus d’une bonne douzaine d’enfants, (plus précisément, onze plus, cerises sur le gâteau, des jumeaux…faites le calcul !) et que l’on décide d’embarquer tout ce petit monde vers une destination presque inconnue, pour seul motif de gagner décemment son pain, le voyage devient une expédition digne des grands exodes d’antan.

Lire la suite : Quand on est descendus.... Arthur et Charly Darbellay

Ce roman est inspiré d’un fait divers qui défraya la chronique : l’enlèvement, contre rançon, de la fille d’un artiste célèbre. Fouillant la vérité des êtres, il examine la question de leur détermination et de leur responsabilité individuelle. De manière tout aussi convaincante, en créant un labyrinthe de mentir-vrai, il pose la question de l’écriture au travers d’un dispositif narratif original. Qu’est-ce qui est vrai, qu’est-ce qui appartient à la fiction, parvient-elle à comprendre les autres en pénétrant dans leur vie… comme un voleur ? L’occasion pour l’auteur d’interroger son art et de se demander ce qui, au bout du compte, fonde la littérature. Alain Bagnoud

Lire la suite : La peau des Grenouilles vertes, Serge  Bimpage

Extrait de L’enfant de Mers el-Kébir

…Papa et Michel se rendent dans les collines pour choisir un sapin. Bien sûr, ce n’est pas un sapin comme ceux que l’on voit dans les livres d’images de France. A Mers el-Kébir, ce sont des pins que les papas s’en vont couper dans le Santon. Papa fixe son choix sur un arbuste bien touffu d’à peu près la hauteur de l’enfant. L’arbre de Noël prend place dans un coin de la cuisine. Moman saupoudre ses branches maigres d’une ou deux poignées de farine et de quelques boulettes de coton hydrophile pour imiter la neige. La mère et la fille disposent quelques boules et deux guirlandes scintillantes sous les yeux émerveillés de Michel. La crèche sera installée en l’absence des enfants, sous un guéridon recouvert pour la circonstance d’un napperon tombant jusqu’à terre. La famille la découvrira le soir de Noël, lorsque le voile se lèvera sur la cabane de bois façonnée par Papa pendant l’enfance de Joanno et Tessa.

Lire la suite : Sophie Colliex, L’enfant de Mers el-Kébir

Nuits arc-en-ciel, c’est, pour le dire simplement, un couple, Emma, une secrétaire devenue aide-soignante, et Nathan, un professeur désemparé face à la maladie mentale de son épouse. Ils en ont vu de toutes les couleurs, le sombre et le lumineux.
 
 
« Vingt heures 24, en cellule

Salut le Chef,
Comment peut-on en arriver là, alors que tout tournait rond jusqu’à ce jour ?
Je n’ai pas changé moralement ; quant au physique, je suis une loque. Je t’écris en aveugle, mes yeux rougis au fer de la douleur ne me permettent pas de distinguer les mots que j’aligne. Te dire que c’est le Paradis, non. Ce serait mésestimer la souffrance morale et les effets provoqués par les médicaments. Ingurgiter une plus grande dose et je serais morte. Il faut si peu…

Lendemain matin, dix heures 23

Bien dormi, mais j’ai l’air d’une camé… sinon c’est bien… J’écris dans un état second

Emma »

(…)

Lire la suite : Nuits arc-en-ciel, André Bandelier,

 

Paquet surprise, nouvelles
Catherine Gaillard-Sarron - 2014

L'homme au chapeau noir - Extrait pages 209-210.

Il était assis devant sa maison. Une modeste maisonnette de pêcheur, identique à toutes celles qui longeaient le bord de ce bras de mer balayé par les vents et asséché par le soleil. Droit sur sa chaise, le regard fixé sur la mer, il semblait tendu, dans l'attente de quelque chose.

Bien qu'il fût encore tôt, le soleil était déjà brûlant. Les rayons qui venaient frapper les murs blanchis à la chaux réfléchissaient violemment la lumière et l'homme mis son chapeau. Un grand chapeau de feutre noir, mité et marbré de traces de sel. Sous les larges bords un peu mou, ces iris étranges prenaient des allures d'abysses insondables.

Lire la suite : Paquet Surprise, Catherine Gaillard-Sarron

 

La vie avec les animaux. Quelle histoire!
Essai d'éco-zooformation

co-direction avec Gaston Pineau et Martine Lani Bayle, Paris ; l’Harmattan (2014)
Pour ce dernier ouvrage, la plupart des contributeurs sont suisses : Blaise Hofmann, Sylvie Jeanneret, Christine Rodier, Pascale Spicher et d’autres encore.
Catherine Schmutz-Brun (FR),  Edition de l'Harmatan, 2014, collection, histoire de vie et formation



Extrait du chapitre Intermède 6, entre Chien et Loup, pages 124-125
Jean-Marc le Guern, Université Permanente, Nantes.

Jeudi 25 octobre 2007. Il n'a pas neigé, les traces sont toujours visibles et il n'y en a pas de nouvelles. J'en ai été un peu déçu. Le facteur m'a bien confirmé qu'il y avait des loups dans la région, ajoutant finement qu'il y avait longtemps qu'ils ne bouffaient plus de sociologues. J'ai souri avec complaisance. J'ai besoin de mon courrier! Le facteur a confirmé aussi qu'un chien laissait des traces alternées et que mon visiteur semblait bien être un loup.

J'ai passé la journée à écrire des lettres et à avancer dans mon travail. Au coucher du soleil, je suis sorti couper du bois pour la cheminée. J'ai pensé, amusé, que c'était l'heure entre chien et loup, alors que le paysage se fond dans un camaïeu de gris et que la perception de l'environnement s'altère peu à peu. J'ai fendu une dizaine de bûches, et c'est au moment de rentrer que je l'ai vu, tout en haut du champ: un loup gris, haut sur pattes, se détachant à peine sur l'écran sombre de la forêt, qui me regardait sans un mouvement. Nous nous sommes dévisagés un long moment, avant qu'il ne rompe le contact et rentre paisiblement sous les mélèzes.

Lire la suite : La vie avec les animaux. Quelle histoire! Catherine Schmutz-Brun

 

Grave Panique
Yves-Patrick Delachaux, Editions Zoé 2011

Extrait

J’allume la radio, France Inter, plusieurs centaines de jeunes banlieusards affrontent les policiers à Clichy-sous-Bois, à Montfermeil. Je situe à peine ces bleds. Il y a trois jours, deux jeunes ont trouvé la mort en enjambant les grilles d’un transformateur EDF, un troisième a survécu, grièvement blessé. Depuis, les déclarations des hommes politiques sont transmises en boucle. L’un parle de fuite, de vol, de contrôle d’identité. L’autre qualifie les événements de « terrible drame humain». Un autre encore parle de tentative de cambriolage, d’intervention de la police, de la fuite des casseurs, dont ces trois jeunes qui n’étaient, dit-il, «pas poursuivis avant qu’ils ne se réfugient derrière l’enceinte qui abritait le transformateur ». En marge de ces controverses, le parquet de Bobigny dément les rumeurs de vol et réhabilite la mémoire de ces jeunes garçons. Le résultat, c’est qu’une trentaine de voitures ont déjà été brûlées cette nuit, les forces de l’ordre ont essuyé des tirs, une balle a traversé un véhicule CRS.

Lire la suite : Grave Panique, Yves-Patrick Delachaux

 

Bergers des âmes au pays des armaillis
Editions Cabédita 2014

Extrait de Bergers des âmes, pp. 103-105 (à propos du Vieux Chalet de l’abbé Bovet) :

Le Vieux Chalet est un chant profane. Mais ne faut-il pas voir en lui une dimension religieuse? Un journaliste a relevé à l’occasion du centenaire de ce chant que c’était une «véritable parabole pascale» (1) . La dépêche ajoutait qu’il allait être interprété dans le cadre liturgique, lors d’une messe télévisée, après l’homélie. Sa tonalité plutôt grave et méditative le rapproche d’ailleurs d’un hymne religieux. Le chalet, le travail du berger, un prénom si simple (Jean) qu’il devient universel, les éléments dévastateurs symboles de mort, la tristesse, la reconstruction, la joie sont bien des réalités archétypales renvoyant à la vie plus forte que la mort. Durant la Seconde Guerre mondiale, des milliers de soldats internés, vaincus, furent frappés par la chanson lors des causeries-auditions de l’abbé Bovet et en puisèrent du courage (2).

Lire la suite : Bergers des âmes au pays des armaillis, Jacques Rime



Couleur de Terre, recueil de contes

Illustré par Claudia Sauthier

La femme et la danse

Il était une fois des femmes qui, au crépuscule d’une ère, s’étaient retrouvées au berceau de la forêt.
Un feu s’élevait déjà depuis de longues heures, crépitant, flamboyant, habillant la nuit d’une intense lumière.

Lorsque la fraîcheur du soir avait remplacé la douceur inquiétante du jour, les femmes s’étaient mises en marche. Appelées, elles suivaient le chemin qui les conduirait au cœur de la forêt.
Leurs pas résonnaient sur la terre et leur souffle court rythmait leur avancée. Les arbres s’inclinaient à leur passage ; les animaux les accompagnaient de leurs cris ou de leurs chants.

Autour du feu, les femmes s’assirent. Le silence s’empara un instant de l’assemblée.

Une femme dont la chevelure rougeoyait à l’image des flammes prit la parole et sa voix, assurée et grave, densifia le silence. « Femmes, nous sommes au crépuscule d’une ère… »

Un frisson parcourut le cercle de femmes.

Lire la suite : Couleur de Terre, Christine Savoy



Caisse unique: voie sans issue

Pourquoi la monopolisation de l'Assurance-maladie nous mène dans une impasse

Chapitre - Qui règlemente qui (P. 54-55 )

Contrairement à certaines idées reçues, ce n'est pas le Parlement fédéral qui règlemente l'assurance-maladie. Le Parlement est certes important: important et irremplaçable lorsqu'il s'agit de fixer les balises stratégiques sur le marché de l'assurance-maladie sociale (se reporter au chapître 11).

Lire la suite : Caisse unique: voie sans issue, Konstantin Beck



Un passé pas si simple, récit de vie

Chapitre - Notre nouveau domicile (P. 44-46 )

Lorsqu'on tombait malade, maman nous soignait avec les moyens du bord. Pour les rhumes, on allait dans la grange chercher une ramassoire de poussière de foin que l'on mettait dans un bidon avec de l'eau bouillante et avec une couverture sur la tête on devait inhaler les vapeurs pendant cinq bonnes minutes. Lors d'une angine, maman chauffait une couenne de lard sur le fourneau et nous l'appliquait sur la gorge. Parfois, elles étaient trop chaudes et nous brûlaient la peau. Lors de refroidissement on nous frictionnait avec de la pommade camphrée. Les plaies étaient soignées avec des bandes de gaze imprégnées d'une substance désinfectante, le "Windex". Comme fortifiant, on devait prendre chaque matin une cuillère à soupe d'huile de foie de morue qui n'avait pas bon goût. Au fait c'était franchement dégueulasse.

Lire la suite : Un passé pas si simple, Johanna Mosini-Messerli



Monde: 4 ans et 2 mois auparavant

(P. 61-63 )

Gabriel avait longtemps marché, toujours en direction du lieu indiqué sur la carte.

Après avoir traversé bien des vallons et des forêts; il atteignit un paysage plus rocailleux et pensa bien qu'il lui faudrait gravir des pentes escarpées. L'air se faisait plus frais et jamais le ciel ne lui avait paru aussi pur. Il s'arrêta quelques heures dans une auberge qui se situait au milieu du village. L'activité y était détendue et on parvenait à y oublier la folie des villes où jamais ne règne le silence; là on avait clairement le temps de regarder autour de soi. Gabriel prit le temps d'aider le patron a réparer son radiateur en échange d'une assiette de charcuterie.

Lire la suite : La Folie de Weiss, Jeremy Tierque

 

L’aventure spirituelle de la famille Morand

 

Résumé


C’est seulement quelques heures avant de mourir, entourée de ses enfants, qu’Alice trouve la force de leur révéler le secret qui a pesé sur son cœur et lui a fermé la bouche pendant si longtemps. Antoine, l’habituel absent, est là. Les enfants entendent l’incroyable confession de leur mère, qui se termine par la demande du pardon pour elle et leur père. Un « oui, maman » unanime jaillit du fond de leur être.

Lire la suite : Quand tombent les masques, Pierre-Marie Pouget

Le grand frisson - Extrait

 

C’est dans l’entente entre maître et chien qu’il faut chercher le secret de notre réussite. Bien sûr, l’entraînement et la préparation sont importants, l’obéissance aux ordres doit être infaillible, mais il faut encore ce petit plus appelé chance qui doit nous sourire.

En plus du chien sportif que je recherchais en priorité, il faut encore ce long apprentissage, cette expérience acquise au fil des compétitions et ce brin de trac, de stress, de montée d’adrénaline indispensables pour que chien et musher se surpassent.

Lire la suite : Le mors aux dents, Marie-Jeanne Rosat

Comment résumer 25 histoires ? Peut-être en mentionnant quelques thèmes. En introduction, il y a l’histoire d’un enfant qui se console des déboires de sa vie en grimpant sur les arbres, en grimpant très haut, toujours plus haut… d’où le titre du recueil.



Lire la suite : A fleur de nuage, Danielle Berrut

Extrait

(pages 14-15), roman préfacé par Jacques Herman et publié chez Le Scribe - L’Harmattan en 201

Le lendemain, Adam se réveilla avec l’impression de revenir d’un long voyage nocturne. Il jeta un coup d’œil à son réveil : Cinq heures quarante-huit. Il n’y comprenait rien car d’ordinaire il n’avait pas le sommeil léger, ni le réveil facile, et surtout pas un dimanche matin. Sur le moment, il se recouvrit la tête avec la couverture et essaya de se rendormir, mais il n’y parvint pas. Son esprit errait dans le silence de la chambre lorsqu’il se rappela avoir lu dans le journal que l'équinoxe du printemps tombait ce jour-là; le vingt mars justement. Las de prier un sommeil qui ne daignait pas revenir, Adam étendit le bras pour allumer sa lampe de chevet, mais dès qu’il éclaira la chambre, il eut un grand coup au cœur ; il ne reconnut pas sa main. C’était une main étrangère avec des doigts très fins et des ongles bien soignés, une main féminine.

Lire la suite : La fable du deuxième sexe, Maria Zaki

 

Extrait du recueil
Thème "Lieux habités, inspirés et inspirateurs
"



Les voix de la forêt

Les voix de la forêt
Lieu maternel
De la végétation première
Habité par le vent
En message d'origine,
La forêt offre aujourd'hui
Et pour tout le temps à venir
Ses nuances éoliennes:

Lire la suite : Paysages d'écriture, Henri Maître et Daniel Bollin

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  38. La philosophie comme exercice du vertige, François Gachoud
  39. Les finalités du monde, Jean-Pascal Ansermoz
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  41. Storytelling, L'art de convaincre par le récit, Jean-Marc Guscetti
  42. Trois respirations, Claude Darbellay
  43. Journal de Noé, Jean-Daniel Robert
  44. Crier sous la Vague, Laura Gamboni
  45. Pétales de cendres, Serge Bregnard
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