Le principal fléau de l'humanité n'est pas l'ignorance, mais le refus de savoir.
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Simone de Beauvoir

Auteur-es

 

Serge Rey est né à Bramois en 1957. A l’adolescence, il se met à écrire de petits poèmes en forme de jeux de mots qui expriment ses émotions. « Dans ma jeunesse, j’étais très timide, j’avais assez souvent le blues. En écrivant des poèmes, je transformais cette mélancolie en quelque chose de créatif et de beau. Je retrouvais ma joie de vivre ».

En 1974, il reçoit un prix de poésie au concours annuel de l’Association valaisanne des écrivains. En ce temps là, le «Nouvelliste» publiait en entier les poèmes des lauréats. Ce fut une grande fierté pour Serge d’obtenir une reconnaissance, et une motivation supplémentaire pour continuer à écrire.

 



A sa sortie de l’Ecole normale, le jeune homme hésite… Il commence des études aux Beaux-Arts, mais opte assez vite pour le métier d’instituteur qu’il pratique encore aujourd’hui.
L’écriture l’accompagne toujours. Les idées se mettent en forme lors de balades en forêt, dans les gorges de la rivière voisine ou au bord d‘un canal. Roseaux, eau tranquille qui s’écoule, avion qui passe dans le ciel…. Tout est symbole. Les poèmes de Serge ne racontent pas le quotidien, ils transcrivent l’émotion de l’instant vécu. « Mes sentiments montent en moi à mesure de la marche, ils se traduisent en couleurs, images ou mots que je fredonne ou chante, avant de les coucher sur le papier. »

Son premier recueil de poésie paraît aux Editions Monographic. Serge a 38 ans. Les retours positifs de ses lecteurs occasionnels l’ayant incité à faire le pas. « Ce recueil contenait aussi quelques poèmes que j’avais écrit à 20 ans. J’avais gardé tous mes cahiers et je les relisais de temps en temps. Certains poèmes me semblaient beaux, parfaits dans leur forme. Ils avaient traversé le temps et méritaient de figurer dans cette première édition. »

Si la poésie est son genre de prédilection, il a aussi édité un recueil de nouvelles L’Obsession Blanche. «Je n’avais pas fait de plan. Rien prémédité, en somme. Je commençais l’histoire sans savoir comment elle allait se terminer et, pour finir, l’histoire se tissait d’elle-même. »

Il a aussi rédigé une chronique Rubis & Mister Jack. Une reine au fil de l'an » (photographie de Stéphania Gross Willa) quelque chose d’étonnant qui se présenta à lui comme un défi. « Un de mes amis ne comprenait rien à mes vers et me lança en manière de plaisanterie. Tu ferais mieux de parler de ma reine ! Cette idée me travailla et je me mis en quête d’un photographe. »

Serge ne connaissait rien au bétail, ni aux Reines. Son père, qui avait été berger, ne croyait pas à cette aventure, cependant il suivit ses progrès avec intérêt. Serge se familiarisa avec le monde paysan, son langage, ses silences et ses codes. « Je montais si souvent à l’alpage pour observer les vaches et ma future reine que je connaissais une bonne partie du troupeau. Je savais nommer un tiers des animaux par leur prénom, ce qui me valut le respect des propriétaires. J’acquis aussi une vision globale du troupeau, du paysage, des bergers dont quelques-uns de nationalités étrangères me confièrent leur histoire. »

Petites dérives consenties, son dernier recueil de poèmes, vient de sortir chez Monographic (décembre 2013) dans la collection « Racines du Rhône ». Le graphisme léger, voir aérien que relève une touche de couleur, convient à merveille à son phrasé sensible et doux comme un matin d’été. Les mots suscitent des images qui renvoient à un univers que chacun peut interpréter selon sa sensibilité. Une belle expérience à vivre !

Interview : Anne-Catherine Biner, 18.12.13

 

Bibliographie

Petites dérives consenties, recueil de poèmes, Monographic Sierre, 2013
Rubis & Mister Jack : une reine au fil de l'an, chronique, Monographic Sierre, 2007
L'aile et le vent, recueil de poèmes, Monographic Sierre, 2004
L'obsession blanche, recueil de nouvelles, Monographic Sierre, 1999
L'étoile d'araignée, recueil de poèmes, Monographic Sierre, 1995



Les ouvrages peuvent être commandés aux Editions Monographic : www.monographic.ch/



Petites Dérives Consenties (poème p. 7), Serge Rey

C'est simple, Le poème...


Oubli du corps,
Absence de pensées
Et, dans l'espace
Ainsi créé,
Frotter les mots
Comme Silex.


D'une antique patience
Jaillira l'étincelle.


 

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