Vivre simplement pour que simplement d'autres puissent vivre
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Ghandhi

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Présentation


Prix littéraire de la Ville de Gruyères 2016, récits, contes ou nouvelles.- . À l’occasion de son dixième anniversaire, la « Fête du livre et du papier » à Gruyères a instauré le « Prix littéraire de la Ville de Gruyères » placé sous le patronage de la commune de Gruyères et décerné pour la première fois en 2007. Ce recueil a été édité aux Editions de l'Hèbe, collection L'HÉBASION.

Auteurs juqu'à 59 ans
Rupture de Stock d'Olivier Chapuis, Lausanne
Pour Jacques, 53 ans, tout fout le camp ! Selon l’auteur. Et bien que sa tête s’agrippe toujours à ses épaules, Jacques ne s’habitue pas à son état de presbyte, ni au déclin de sa situation matrimoniale… Jacques ne sait pas encore mais il court à sa perte… grâce à son ado de fille. En effet, après une longue période de chômage, il ne lui reste que son travail auquel il s’accroche pour ne pas sombrer et Clem, sa fille, trouve la bonne idée d’effectuer un larcin justement dans le magasin où travaille son père… Olivier Chapuis nous rappelle le lot de beaucoup. Son récit pourrait être largement le nôtre s’il ne l’est pas déjà ! Quand la séparation, le divorce puis le chômage nous surprend on s’accroche désespérément au moindre signe du « mieux aller »… mais que faire quand le destin nous rattrape ?

Auteurs de plus de 60 ans
Mon quotidien de Huguette Junod, Perly
En visite chez son médecin, l’héroïne décrit ses journées de femme seule, ménopausée, maladroite, refusant tout simplement les prescriptions médicales. Mais persuadée d’aller bien. A sa lecture, on ne peut s’empêcher d’esquisser un sourire tant il est facile d’imaginer les scènes souvent cocasses mais terriblement réelles. Que l’on ait 30 ans ou 60 ans on se projette sans difficultés dans les journées de cette femme qui somme toute ne sont que banales. En effet à qui n’est-il jamais arrivé d’ouvrir un paquet de riz, fraîchement acheté, et de ce geste libérer une ribambelle de bestioles virevoltantes ? Mais comme le précise l’auteure, en voulant contrôler ces placards qui prend forcément un sachet de lentilles sur la tête… sinon l’héroïne ! Et en ramassant, armée d’une balayette et d’une pelle, elle a cette sensation étrange d’être à la place d’une certaine orpheline issue d’un conte de fées …

Présentation et extraits: Marie-Claire Siegenthaler

 

 

Extrait page 22 et page 24, Rupture de Stock, Olivier Chapuis

Jacques, je ne t’aime plus. J’aimerais que tu partes d’ici, on s’entendra pour le garde de Clémence, ça fait des années que l’on s’éloigne l’un de l’autre, tu ne trouves pas ?

A la rue, Jacques. Plus simple, pas envie que Clémence se retrouve dans un deux pièces-cuisine borgne. Et l’espoir encore vif que tout reprenne malgré la corrosion. Il lui reste le travail. Et encore, pas longtemps…

En inclinaison maussade, le gérant indique une chaise, sur laquelle Jacques est incapable de s’asseoir. Tandis que son regard cherche celui de sa fille, les deux sbires s’évaporent, et Clem baisse les yeux, aveu spontané d’un délit que monsieur cravaté de frais expose sans fioriture.

- Nos surveillants ont surpris votre fille en train de voler, Monsieur Dutoit. Je vous avoue que cela est fâcheux. Normalement, s’il ne s’agit pas d’une récidive et que le cas est mineur, hu, hu, nous nous contentons de mettre à l’amende et d’avertir les parents. Le problème, c’est que…

- C’est que je suis le père, c’est ça ? La lutte des classes, toujours la même, depuis Adolphe Thiers ou Emile Zola, rien n’a changé. J’ai compris, ajoute Jacques.

- Croyez-moi j’en suis bien désolé, mais comment faire confiance à un employé dont la fille commet des larcins… Vous pouvez quitter les lieux de suite nous vous remplacerons à la caisse…

 

 

Extrait des pages 95 et 96, Mon quotidien d'Huguette Junod

J’ai poussé un plastique dans l’armoire, il en est aussitôt ressorti, tel un diable hors de sa boîte. Je me suis rendu compte que des dizaines de mites alimentaires voletaient dans la cuisine et le salon. Je suis allé chercher l’escabeau dans la cabane du jardin. En le tirant, j’ai accroché le parasol, qui est tombé avec fracas sur les dalles et que j’ai replacé tant bien que mal. J’ai apporté l’escabeau à la cuisine, y suis montée afin d’être à la bonne hauteur pour vérifier l’étendue des dégâts et descendre mes réserves des armoires. J’ai reçu un paquet de lentilles sur la tête et le contenu s’est répandu par terre. Les objets sont misanthropes en général, misogynes en particulier. J’ai saisi la pelle et l’époussoir, ramassé les grains et les ai jetés à la poubelle.

Impression d’être Cendrillon.

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